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Bioterrorisme [SMR]

FICHE DE RISQUE BOSSONS FUTE N°26

1. INTRODUCTION

  • Le bioterrorisme représente l'utilisation ou la menace d'utilisation dans un but terroriste d'agents biologiques susceptibles de provoquer une maladie ou la mort de l'homme, des animaux ou des plantes. Son objectif est d'imposer par un acte violent à fort impact psychologique sa volonté par la peur.

2. PROFESSIONS CONCERNEES

  • Tous les secteurs sont susceptibles d'être visés :
    • le secteur public : organismes gouvernementaux ou para-étatiques
    • le secteur privé : grands groupes représentatifs du libéralisme, de l'armement, de la finance...
  • Et à l'intérieur des secteurs visés :
    • les services courrier
    • les fournisseurs de boissons ou d'aliments, les services de restauration
    • la climatisation
  • Le bioterrorisme aura d'autant plus grand de retentissement qu'il touchera un grand nombre de salariés et/ou une entreprise sensible (transports, énergie, service de sécurité, service de santé...)

3. DESCRIPTION - EVALUATION DU RISQUE

  • D'après Théodore Rosebury (Peace or pestilence - 1947) les 10 critères de sélection d'une arme biologique sont :
    • un pouvoir infectant élevé
    • une morbidité importante
    • une possibilité de production massive
    • une résistance élevée aux facteurs de l'environnement
    • une transmission possible par la voie aérienne, l'eau, le contact (surtout digestif)
    • une contagiosité élevée
    • une immunisation difficile
    • un traitement difficile de la maladie
    • une détection et une identification difficile de l'agent
    • un danger de choc en retour réduit
  • Les agents biologiques actuellement connus susceptibles d'être utilisé sont les suivants :
    • Agents possibles :
      • Bactéries : Anthrax ou charbon, peste pulmonaire, choléra, morve, brucellose, salmonellose, rickettsiose, tularémie, fièvre Q, mellioïdose, clostridium perfringens
      • Virus : Variole, fièvre jaune, grippe, dengue, fièvres hémorragiques virales (FHV), encéphalite équine du Venezuela (VEE)
      • Champignons : mycètes, coccidioïdomycose, histoplasmose
      • Toxines : botulisme, ricine, entérotoxine staphylococciques B, tricothécènes, aflatoxine
    • Agents probables :
      • Classification A du CDC (centre of diseases control and prevention) d'Atlanta : anthrax, peste, tularémie, variole, botulisme, fièvres hémorragiques virales
      • Classification de l'AFSSAPS (agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) : id plus brucellose. Voir plan Biotox
      • Classification de l'EDNBC (Ecole de défense nucléaire biologique et chimique) : charbon, peste, variole, grippe, botulisme, entéroxine staphylococcique B
  • Les moyens de transmission sont très variables :
    • La propagation de l'agent biologique peur se faire par divers moyens :
      • aérien : contamination du système de climatisation, épandage d'aérosol, dispersion de poudre présentant dans un courrier
      • hydrique : contamination des sources, des réservoirs ou des réseaux de distribution d'eau
      • alimentaire : contamination de la nourriture ou des boissons
      • autres : transmission par vecteur vivant contaminé (puce...), piqûre.
    • Les voies de pénétration dans l'organisme sont fonction de la voie de propagation de l'agent biologique
      • la voie respiratoire par inhalation des germes
      • la voie digestive par absorption d'eau ou d'aliments contaminés
      • la voie cutanéo-muqueuse par pénétration du germe par injection ou à travers une peau abîmée.

4. RISQUES POUVANT ETRE ASSOCIES

  • Attaque physique
  • Pression psychologique, chantage

5. RISQUES POUR LA SANTE

5.1. ACCIDENTS DU TRAVAIL

  • Les pathologies survenues au décours d'une attaque de bio-terrorisme peuvent être prises en charge en accident de travail en cas de survenue brutale ou différée d'une pathologie en rapport avec le germe responsable.

5.2. MALADIES PROFESSIONNELLES

  • En principe non, les germes responsables de l'attaque bioterroriste ne figurant pas dans les tableaux au titre de l'activité professionnelle du secteur.

5.3. AUTRES

  • Des syndromes post traumatiques peuvent être observés (voir fiche Stress).

6. SURVEILLANCE MEDICALE

6.1. REGLEMENTAIRE

6.1.1. VISITE MEDICALE

  • Il n'y a pas d'obligation spécifique en dehors de celles découlant de l'activité.
  • Une visite de reprise du travail est obligatoire en cas d'arrêt de travail supérieur à 8 jours consécutif à un accident de travail. En cas d'arrêt de travail en rapport avec une attaque bioterroriste, cette visite permettra d'apprécier le retentissement physique et psychologique de l'exposition et l'existence ou pas d'une prise en charge mise en place au bénéfice du salarié.

6.1.2. EXAMENS COMPLEMENTAIRES

  • Pas d'obligation légale

6.1.3. VACCINATIONS

  • Pas d'obligation légale

6.2. CONSEILLEE

6.2.1. VISITE MEDICALE

  • Bien que non réglementaire une visite médicale est conseillée dès qu'une suspicion de contamination est posée pour établir un premier bilan clinique qui servira de référence aux examens ultérieurs.

6.2.2. EXAMENS COMPLEMENTAIRES

  • Selon la pathologie suspectée

6.2.3. VACCINATIONS

  • Selon la pathologie pathologie si elle est possible.
  • Une vaccination préventive contre certaines maladies est à recommander : DTPolio, fièvre jaune, hépatite A, typhoïde...

6.3. SUIVI POST PROFESSIONNEL

  • Pas d'obligation légale

6.4. DOSSIER MEDICAL

  • Pas de durée réglementaire de conservation du dossier médical mais la prescription en matière de responsabilité médicale est de dix ans à compter de la date de consolidation d'un dommage éventuel.

7. RISQUES POUR L'ENVIRONNEMENT

7.1. POLLUTIONS

  • Le but du bioterrorisme étant de générer le maximum de nuisances l'extension du risque à tous les lieux doit être craint. Par ailleurs il peut y avoir cumul des attaques avec des vecteurs différents.

7.2. ACCIDENT, INCENDIE, EXPLOSION

  • Ces risques peuvent se cumuler avec une attaque locale.

7.3. AUTRES RISQUES

  • Coupures des sources d'énergie, paralysie de la circulation, coupure des approvisionnements en eau.

8. ACTIONS PREVENTIVES

8.1. PROTECTION TECHNIQUE COLLECTIVE

8.1.1. A L'ECHELON INTERNATIONAL

La suppression ou la limitation des risques passe par :

  • Une sécurisation des laboratoires manipulant des germes susceptibles d'être utilisés
  • Une politique internationale et de collaborations nationales de lutte contre les terroristes.

8.1.2. A L'ECHELON NATIONAL

A l'échelon national il est nécessaire de prévoir :

  • Une information régulière de la population sur les risques
  • La protection des secteurs sensibles :
    • sécurisation des lieux de production et de stockage des produits dangereux, contrôle de la circulation de ces produits
    • protection des réseaux de distribution de l'eau (contrôles bactériologiques, chloration)
  • La mise en place de procédures de réponses aux attaques : Plan Piratox (1990), Plan Biotox (1999)
  • La veille technologique et épidémiologique avec une procédure de signalement obligatoire de certaines maladies infectieuses ou de tout phénomène inhabituel au ministère de la santé
  • La constitution de stocks de médicaments, de vaccins, de matériel
  • L'augmentation des capacités d'intervention des laboratoires et des centres de soins.

8.1.3. A L'ECHELON DE L'ENTREPRISE

  • Prévoir, dès la conception si possible, la sécurisation des circuits de ventilation et d'aération et celui de la distribution d'eau (contrôle qualité, conditions d'accès et personnes autorisées notamment).
  • Prévoir des procédures. Par exemple :
    • Pour le courrier :
      • Action préventive :
        • Limiter les personnes devant manipuler le courrier
        • Réaliser ces opérations dans des locaux isolables
      • En cas de courrier suspect :
        • Ne plus le manipuler, le recouvrir
        • Limiter ses risques de diffusion en fermant portes et fenêtres et en coupant les systèmes de ventilation
        • Evacuer la pièce et la fermer à clé
        • Prévenir les pompiers, la police ou la gendarmerie (17 ou 18)
        • Etablir la liste des personnes présentes et leur demander un lavage soigneux des parties du corps pouvant avoir été en contact
      • Si le risque biologique est confirmé :
        • Adresser les personnes contact à l'hôpital pour des examens complémentaires
        • Envisager un traitement prophylactique
    • Pour les risques de contaminations alimentaires :
      • Contrôles des produits entrants (fournisseurs respectants les procédures de conservation des aliments, respect de la chaîne du froid, emballages intacts)
      • Lavage soigneux des produits à servir frais
      • Respect des procédures HACCP
      • Contrôle du personnel de cuisine : existence d'un turn over important, visite médicale d'aptitude avec contrôle de l'état sanitaire ?
  • Signaler les absentéismes au service de médecine du travail pour une enquête étiologique qui peut permettre de dépister un bio terrorisme sur des critères de fréquence et/ou de distribution anormales de certains signes
  • Equiper l'entreprise en matériel de sécurité :
    • Equipement de protection collective (EPC) : sécurisation des installations, mise en place de bio détecteurs
    • Marquage de zone
    • Equipement de protection individuelle (EPI) adapté : combinaisons, masques, gants...

8.2. FORMATION - INFORMATION - SENSIBILISATION

8.2.1. A L'ECHELON NATIONAL ET INTERNATIONAL

  • Informer et sensibiliser la population avec diffusion des adresses utiles
  • Former les acteurs de santé et les responsables de la sécurité

8.2.2. AU SEIN DE L'ENTREPRISE

  • Elaborer une procédure écrite de prévention et de prise en charge d'une attaque bioterroriste
  • Former les acteurs (services exposés, sauveteurs secouristes du travail, services de sécurité…) aux gestes et bonnes pratiques d'asepsie, aux mesures élémentaires d'hygiène et de non-dissémination
  • Diffuser auprès des services exposés et afficher les procédures déclinant les mesures que les travailleurs doivent prendre en cas d'incidents
  • Répéter régulièrement avec le personnel et les intervenants les conduite à tenir
  • Etablir des relais de communication et de coordination :
    • au niveau des structures hiérarchiques internes à l'entreprise
    • au niveau de l'extérieur : services gouvernementaux, services d'urgences, services hospitaliers par listing préétabli et prise de contact en pré-crise

8.3. PROTECTION INDIVIDUELLE

  • S'informer sur les mesures de sécurité, surtout dans les secteurs à risque
  • Respecter les procédures de sécurité
  • Porter un équipement de protection individuelle (EPI) en cas de forte présomption de risque

8.4. ORGANISATION DU TRAVAIL

  • Contrôler le personnel des activités cibles
  • Eviter le travail isolé

8.5. ORGANISATION DES SECOURS EN CAS D'ATTAQUE

8.5.1. DANS L'IMMEDIAT

  • Respecter les principes de sécurité pour les premières personnes en contact avec un produit suspect :
    • se protéger
    • alerter les services responsables
    • établir un périmètre de sécurité
  • Identifier l'agent responsable le plus précocement possible :
    • directement par analyse du produit
    • ou indirectement par recensement et étude des cas pathologiques apparus
  • Mettre en route la procédure de réponse urgente :
    • prévenir : diffuser l'alerte et les informations relatives à l'attaque auprès des autorités compétentes (entreprise et pouvoirs publics)
    • gérer : sécuriser le site, isoler les personnes contaminées, procéder aux mesures d'hygiène recommandées
  • Prendre les mesures de protection de la santé publique et de la sécurité :
    • arrêter la climatisation
    • baliser les zones contaminées et les circuits d'évacuation
    • identifier les contacts
    • organiser un centre de tri et d'évacuation
  • S'assurer de la prise en charge sanitaire par les services d'intervention et hospitaliers
  • Améliorer l'information : rechercher des renseignements complémentaires sur la nature de l'agent, la localisation de la zone supposée atteinte

8.5.1. ENSUITE

  • Appliquer, sur avis des autorités sanitaires les mesures médicales spécifiques :
    • de prophylaxie, plus que de traitement, des personnes contact
    • de vaccinations éventuelles (anthrax, variole)
    • de sérothérapie
  • Assurer l'information et le soutien psychologique éventuel des membres du personnel impliqués
  • Assurer une surveillance médicale périodique clinique (dépistage de l'apparition de cas ultérieurs de contamination, suivi des éventuelles antibioprophylaxies)
  • Tirer les enseignements de l'expérience :
    • exploiter les informations recueillies
    • analyser la vulnérabilité de l'entreprise
    • élaborer et proposer les mesures de protection complémentaires

9. REGLEMENTATION

9.1. TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES

9.2. RECOMMANDATIONS - NORMES - ETIQUETAGE - SIGNALISATION

10. BIBLIOGRAPHIE

  • Mémoire de médecine du travail du Dr DEMAILLE - UFR Cochin Juin 2004
  • Delahaye C. Un rapport d'information de la commission de la défense à l'assemblée : La culture du secret, facteur aggravant du bio terrorisme. Le quotidien du Médecin 2003, 7402, 22-23
  • Un bio détecteur capable de déceler virus ou bactéries. Le quotidien du médecin 2003, 7374, 7
  • Rhie G.E. et coll. Maladie du charbon : vers un vaccin à double action. Le quotidien du médecin 2003, 7373, 8
  • Fleischel C. XVèmes journées d'aide médicale urgente en médecine du travail. Paris La Défense. Actualités en médecine d'urgence : Ouverture d'enveloppes suspectes. JAMU 2003, 27-28
  • Steffen R : Le bioterrorisme. Conférence post-universitaire en médecine et hygiène du travail. 22 septembre 2002. Université catholique de Louvain
  • Caisse régionale d'assurance maladie d'Ile de France. Prévention des risques professionnels. Conduite à tenir en cas de découverte d'enveloppes suspectes. Paris 18 octobre 2001.
  • Manuel pour les conseillers en prévention. Editions Kluwer. 27 decembre 2000, 53

11. ADRESSES UTILES

AUTEURS : Hervé Demaille (médecin du travail) (CMIE) (75), Pierrette Trilhe (médecin du travail) (CMIE) (75)
DATE DE CREATION : Août 2005
DERNIERE MISE A JOUR : Août 2005

ANNEXES : Caractéristiques de quelques agents

1. LE CHARBON

  • Le charbon ou anthrax dans les pays anglo-saxons doit son nom à l'aspect des lésions cutanées, recouvertes d'une croûte noirâtre.
  • L'agent pathogène est le bacille Anthracis (bacille Gram positif très résistant sous forme de spores).
  • La maladie naturelle : il s'agit d'une septicémie aiguë universelle touchant principalement les animaux herbivores ; l'homme n'est qu'exceptionnellement contaminé, essentiellement par contact cutané.
  • La transmission :
    • aérienne : dispersion par aérosol invisible, incolore, inodore et inhalation par voie respiratoire de spores très résistantes ; une dose infectante de 8000 à 50000 spores de Bacillus anthracis est mortelle.
    • par contact avec des animaux ou des produits animaux infectés (personnes manipulant des produits animaux, travailleurs de laboratoire)
    • alimentaire : plus rare
  • La contagiosité : la forme pulmonaire n'est pas contagieuse.
  • L'incubation est très variable, de 1 jour à 8 semaines.
  • La symptomatologie est fonction de la voie de transmission, le diagnostic est difficile car les signes cliniques ne sont pas spécifiques :
    • par la voie pulmonaire, elle débute par un syndrome infectieux pseudo grippal associant fièvre, toux et dyspnée ; elle est suivie d'une détresse respiratoire avec cyanose qui s'installe avant l'apparition d'un choc et du décès.
    • par la voie cutanée elle réalise le tableau classique de la pustule maligne (escarre noirâtre avec vésicule, œdème) caractéristique par l'absence de douleur et de suppuration.
    • par la voie digestive elle réalise un tableau pseudo chirurgical constamment mortel associant vomissements sanglants, douleurs abdominales, diarrhée et septicémie.
  • L'effet est létal sans traitement dans 75 à 100% des cas, en 1 à 5 jours pour la forme pulmonaire.
  • Le traitement nécessite une pries en charge spécialisée : isolement, antibiothérapie et réanimation.
  • La prophylaxie humaine :
    • en pré exposition elle repose sur la vaccination. Celle-ci, réservée aux forces armées est sujette à critique depuis le "syndrome de la guerre du Golfe" ; un vaccin de la nouvelle génération est à l'étude.
    • en post exposition elle repose sur un traitement antibiotique de 8 semaines
    • soit d'ofloxacine per os (Ciflox à 2 x 500 mg/jour, Oflocet à 2 X 400 mg/jour) ou de doxycycline per os à 2 X 100 mg/jour
    • soit d'amoxicilline per os à 3 X 1 g/jour
  • Mesures environnementales : il est impératif d'effectuer une décontamination car après dispersion d'aérosol les spores de Bacillus anthracis sont retrouvées dans les narines, sur la peau et les cheveux. Il existe un risque de contamination secondaire si les spores sont remises en suspension.

2. LA PESTE

  • L'agent pathogène est le bacille de Yersin ou Pasterella Pestis ou Yessinia pestis (coccobacille Gram négatif).
  • La maladie naturelle est présente chez les rats et les rongeurs sauvages et les puces se contaminent par piqûre d'animaux infectés.
  • La transmission se fait par deux voies :
    • par transmission cutanée à l'homme du bacille par l'intermédiaire d'une piqûre de puce contaminée ou plus rarement à partir des déjections de celle-ci ; il s'agit d'une peste bubonique ;
    • par contagion inter-humaine à partir des gouttelettes de Pflügge ou par dispersion d'aérosol ; il s'agit d'une peste pulmonaire.
  • La contagiosité : la forme pulmonaire est très contagieuse.
  • L'incubation est courte, de 1 à 2 jours
  • La symptomatologie :
    • la forme pulmonaire débute par un syndrome infectieux sévère associant forte fièvre + délire + confusion. Elle se complète très rapidement par des manifestations respiratoires (hémoptysies avec dyspnée). Elle évolue vers une détresse respiratoire et un collapsus cardio-vasculaire.
    • la peste bubonique débute par un syndrome infectieux (fièvre, frissons, douleurs diffuses) puis apparition de bubons ou ganglions tuméfiés ou adénites avec altération de l'état général. Vers le 8e à 10e jours le bubon va suppurer et l'état général peut s'améliorer.
    • la peste septicémique marquée par un syndrome infectieux sévère avec très grave altération de l'état général est d'issue fatale.
  • L'effet est létal sans traitement dans 75 à 100% des cas, de manière fulgurante en 2 ou 3 jours pour la forme pulmonaire.
  • Le traitement nécessite une prise en charge spécialisée : isolement, antibiothérapie et réanimation.
  • La prophylaxie humaine :
    • pré exposition : Il n'y a pas de vaccination à l'heure actuelle
    • post exposition : elle repose sur un traitement antibiotique de 7 jours, soit d'ofloxacine per os ( *Ciflox à 2 x 500 mg/jour, *Oflocet à 2 X 400 mg/jour), soit de doxycycline per os à 2 X 100 mg/jour
  • Mesures environnementales :
    • en cas de peste pulmonaire : désinfection des locaux car la bactérie est résistante de - 25°C à + 45°C et reste longtemps virulente
    • lutte contre les rongeurs en cas de peste bubonique

3. LA VARIOLE

  • L'agent pathogène : pox virus à ADN très résistant au froid, à la congélation, à la dessiccation.
  • La maladie naturelle : elle a été déclarée éradiquée par l'OMS depuis 1979.
  • La transmission :
    • aérienne par dispersion d'aérosol contenant le virus
    • par contact avec des croûtes de variole, des sécrétions pharyngées, des objets ou de vêtements infectés
  • La contagiosité est très grande par la voie respiratoire et cutanée.
  • L'incubation est en moyenne de 12 jours avec des extrêmes de 7 à 16 jours.
  • La symptomatologie comporte classiquement :
    • un syndrome infectieux : fièvre, douleurs, prostration
    • une éruption vésiculo-papulo-pustuleuse, prédominant à la face et aux extrémités, centrifuge, en poussée unique (à la différence de la varicelle) évoluant vers des pustules puis des cicatrices
    • les complications sont d'ordre neurologique, hépatique, ophtalmologique, infectieuse
  • L'effet est double : létal dans 20 à 30% des cas et incapacitant.
  • Le traitement est purement symptomatique.
  • La prophylaxie humaine :
    • pré exposition : depuis la déclaration d'éradication, la vaccination par la vaccine est suspendue ; des stocks de vaccins sont disponibles pour relancer la vaccination en cas d'alerte épidémiologique ; pour être efficace la vaccination doit couvrir au moins 80% de la population.
    • post exposition : s'agissant d'une maladie virale il n'y a pas de prophylaxie post exposition.
  • Mesures environnementales : désinfection du linge et des locaux.

4. LES AGENTS DES FIEVRES HEMORRAGIQUES VIRALES

  • Les agents pathogènes : sous le terme de fièvres hémorragiques virales sont regroupées un ensemble de maladies humaines dues à des virus à ARN appartenant à une dizaine de familles dont :
    • les Filo Virus : Ebola, Marburg
    • les Arena Virus : fièvre de Lassa
    • les Bunya Virus : fièvre de Crimée, fièvre du Congo
    • les Phlébovirus : fièvre de la vallée du Rift
    • les Flavivirus : fièvre jaune, Dengue
  • Les maladies naturelles sont les arboviroses qui sont des zoonoses endémo-épidémiques communes aux hommes et aux vertébrés, nommées ainsi en raison du réservoir de virus Arthropod Born Virus.
  • La transmission est variable selon la variété de fièvre hémorragique :
    • par vecteurs : moustique (Aèdes pour la fièvre jaune), tique pour la fièvre de Crimée ou du Congo, inconnu (Ebola)
    • par contact avec des liquides biologiques d'animaux infectés
    • par contact inter humain par le sang et les liquides biologiques infectés
    • aérienne interhumaine par les gouttelettes de Pflügge ou la dispersion d'aérosol
  • La contagiosité est très importante pour certaines fièvres hémorragiques telles Ebola et Lassa.
  • L'incubation est variable, de 3 jours à 2 semaines.
  • La symptomatologie regroupe souvent les symptômes communs suivants :
    • un syndrome fébrile
    • un syndrome éruptif au 4-5ème jour
    • des hémorragies cutanéo-muqueuses et viscérales au 6-7ème jour
    • des manifestations méningo-encéphalitiques ou hépatiques ou rénales
  • L'effet est incapacitant ou létal comme dans le cas d'Ebola (70 à 90%).
  • Le traitement est purement symptomatique en milieu spécialisé avec des mesures d'isolement strictes (voir le manuel du CDC et de l'OMS sur les précautions élémentaires à prendre en cas de contact avec un patient contagieux de FHV).
  • La prophylaxie humaine :
    • pré exposition : il n'existe de vaccination que contre la fièvre jaune
    • post exposition : Ribavirine en cas de fièvre de Lassa
  • Mesures environnementale : isolement et désinfection des locaux, lutte contre les animaux réservoirs et les insectes vecteurs.

5. LES TOXINES BOTULINIQUES

  • L'agent pathogène : les toxines botuliques sont des substances protéiques sécrétées par les différentes variétés de bactéries anaérobies Clostridium botulinum dont il existe 7 types antigéniques A, B, C, D, E, F, G.
  • Les toxines botuliques sont les plus puissants poisons connus actuellement.
  • La maladie naturelle est classiquement l'intoxication alimentaire par des conserves contaminées, des salaisons, des haricots...La toxine est détruite par ébullition.
  • La transmission :
    • alimentaire par les denrées alimentaires ou l'eau
    • aérienne par dispersion d'aérosols (la toxine inhalée passant dans la circulation sanguine)
    • cutanée exceptionnelle par contamination d'une blessure
  • La contagiosité : l'affection n'est pas contagieuse.
  • L'incubation est de 8 heures.
  • La symptomatologie associe :
    • des symptômes généraux : fatigue, céphalées
    • des signes oculaires : mydriase, presbytie aiguë
    • des troubles digestifs : vomissements, diarrhées
    • une paralysie descendante bilatérale et symétrique sans fièvre
    • la mort survient par paralysie des muscles respiratoires
  • L'effet sans traitement est létal dans 90 à 100% des cas en 8-24 heures.
  • Le traitement : réanimation en milieu spécialisé.
  • La prophylaxie humaine :
    • pré exposition : la vaccination par l'anatoxine botulique n'est pas généralisable
    • post exposition : une séro-prévention peut être conseillée
  • Mesures environnementales : récupérer et détruire les produits contaminés.

6. LA RICINE

  • L'agent pathogène est un poison végétal (phytotoxine) extrait des graines de la plante ricinus communis. Cette plante est répandue dans les zones subtropicales à tropicales (Indes, Brésil, Chine) pour la production d'huile de ricin et pour ses caractéristiques ornementales en Europe. La ricine est facile à extraire et la plante est assez répandue. Quelques microgrammes de toxine suffisent pour tuer un individu d'où l'importance d'une protection contre la contamination des denrées alimentaires, de l'eau des collectivités, ou des risques de dispersion par aérosol.
  • La maladie naturelle n'existe pas en dehors des intoxications accidentelles ou volontaires.
  • La transmission :
    • aérienne par dispersion d'aérosol
    • par pénétration cutanée en cas de blessure ou de lésion cutanée
    • par injection (parapluie bulgare)
    • alimentaire par ingestion de graines, accidentelles ou à visée laxative, par boissons contaminées
  • La contagiosité : l'intoxication n'est pas contagieuse.
  • L'incubation est très courte, 2 à 24 heures.
  • La symptomatologie est peu spécifique et varie selon la voie d'absorption :
    • par la voie pulmonaire
    • syndrome infectieux (fièvre, fatigue, vertiges)
    • signes respiratoires (oedème pulmonaire, toux, dyspnée)
    • signes allergiques (asthme, dermatite)
    • par la voie digestive : douleurs, vomissements, diarrhées sanglantes "eau de riz"
    • par les autres voies : anurie, déshydratation, paralysie des mains et des jambes
  • L'effet est létal en 1 à 3 jours (la dose létale est < 1 mg en inhalation).
  • Le traitement : réanimation en milieu spécialisé.
  • La prophylaxie humaine :
    • pré exposition : néant
    • post exposition : néant
  • Mesures environnementales : récupérer et détruire les produits contaminés.

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