Fiches de métiers

Coiffeur-barbier traditionnel (Maroc)

FICHE METIER BOSSONS FUTE N° 461

 ROME : D1202  ;  CITP-08  : 5141 

1. INTITULES SYNONYMES OU APPARENTES

« Hajjam en arabe », coiffeur-barbier pour hommes, arracheur de dents, saigneur, phlébotomiste, circonciseur.

2. DEFINITION

Les prestations offertes par le coiffeur barbier sont essentiellement la coupe de cheveux, le rasage et le modelage de la barbe. Le barbier maîtrise parfaitement la technique du rasage à l’ancienne à l’aide un couteau et un blaireau. Il exerce aussi le métier de soigneur et pratique la circoncision, les extractions dentaires, les saignées thérapeutiques « hijjama ».

3. FORMATION – QUALIFICATION

Il n’existe pas de formation spécifique. La profession n’exige aucun niveau d’étude. La pratique est basée sur l'expérience et l'apprentissage chez un maître ou une personne de la famille en tant qu’apprenti barbier ou aide-barbier.

4. ACTIVITE PRINCIPALE

4.1. LIEUX D'ACTIVITE

  • Dans les villes, les coiffeurs barbiers traditionnels exercent dans des baraques de petites superficies.
  • En milieu rural ils pratiquent soit dans un lieu fixe (le plus souvent en plein air ou sous une tente) soit se déplacent de souk en souk.
  • Le client est assis sur une chaise ou sur un tapis.

4.2. DESCRIPTION DE L'ACTIVITE

L'activité comporte deux volets :

  • La coiffure :
    • Accueillir et installer les clients
    • Conseiller le client sur le style de coiffure
    • Proposer des soins et des traitements appropriés (la pelade par exemple)
    • Couper les cheveux et tailler la barbe (rasoir, ciseaux, tondeuse, couteau à lame).
    • Coiffer les cheveux
    • Vendre les produits cosmétiques traditionnels parfois préparés par le coiffeur-barbier lui-même.
    • Encaisser, rendre la monnaie
    • Nettoyer et ranger le locale, le matériel et les accessoires.
  • Les soins :
    • La saignée capillaire « Al Hijama en arabe » est une technique thérapeutique connue depuis l’antiquité. Elle consiste à faire des scarifications à l’aide d’une lame de rasoir ou d’un bistouri, permettant le saignement à certains endroits du corps ; notamment au niveau des régions inter-scapulaires et de la partie haute de la nuque. La saignée se fait à l’aide de ventouses (verres vidés d’air) placées au niveau des incisions pour permettre la succion et l’aspiration du sang.
    • L’extraction dentaire, après injection locale d’une solution anesthésique, la dent est extraite. L’alvéole ainsi formée est rincée à l’eau salée et occluse par une compresse jusqu’à l’arrêt du saignement.
    • La circoncision réalisée chez les garçons consiste enl’ablation du prépuce, laissant ainsi le gland à nu. Elle se pratique souvent sans anesthésie.
    • Après les soins : Nettoyer, laver et désinfecter le matériel.

4.3. MACHINES ET OUTILS UTILISES

  • Table pour déposer les accessoires.
  • Rasoirs,
  • Fioles contenant huile d'olive, alcool et autres liquides désinfectants (eau de javel etc.).
  • Récipients,
  • Tubes de crème à raser manufacturée
  • Paires de ciseaux
  • Rasoirs ou « coupe-choux » à lame amovible et à usage unique,
  • Peignes, miroirs
  • Tondeuses manuelles

4.4 PRODUITS ET MATERIAUX UTILISES :

  • Parfums, eau de Cologne, talc, et autres produits cosmétiques
  • crayons de nitrate d’argent, pierre d’alun, coton, seringues, flacons d’anesthésiques 

 4.5. PUBLIC ET RELATIONS SOCIALES

  • Clients
  • Autres artisans et animateurs de voisinage
  • Autorité locale et représentants des Bureaux municipaux ou ruraux d’hygiène

4.6. EXIGENCES PARTICULIERES

  • Etre de sexe masculin
  • Avoir un savoir-faire (maitriser des différents volets du métier)
  • Satisfaire et fidéliser la clientèle.
  • Avoir la capacité de convaincre et savoir donner un avis avec tact et bon sens
  • Effectuer des gestes fins et répétitifs et à rythme rapide des membres supérieurs
  • Supporter la station debout.

4.7. TRAVAILEURS HANDICAPES

  • Sous réserve d’en avoir les capacités professionnelles, l’emploi peut être accessible à des travailleurs présentant certains types de handicaps moyennant des adaptations (maladies chroniques et cancers, certains troubles moteurs).
  • Emploi peu compatible avec :
    • La cécité
    • Les troubles musculosquelettiques (sciatique)
    • Les tremblements des membres supérieurs
    • Le terrain allergique
    • Les pathologies psychiatriques

5. ACTIVITES POUVANT ETRE ASSOCIEES

  • Déplacement et soins au domicile des clients
  • Encadrement des apprentis

6. DANGERS

6.1. ACCIDENTS DU TRAVAIL

  • Risque routier : déplacements en milieu rural (routes défectueuses, intempéries, accidents de la circulation...).
  • Coupures, piqures, plaies (accidents d'exposition au sang, infections)
  • Agressions diverses

6.2. AMBIANCES ET CONTRAINTES PHYSIQUES

  • Contraintes posturales et articulaires (position debout prolongée, courbée).
  • Gestes répétitifs
  • Exposition aux rayonnements ultraviolets (travail à l’air libre)
  • Manutention de charges lourdes : matériel.
  • Bruit environnant : autres activités de proximité bruyantes dans un lieu publique  
  • Nuisances thermiques : travail à l’extérieur, exposition aux intempéries (vent, pluie, froid, chaleur, etc.)
  • Éclairage insuffisant pendant la nuit.
  • Poussières.
  • Travail sur un sol irrégulier.
  • Odeurs désagréables (sang, produits biologiques, haleine fétide).

6.3. AGENTS CHIMIQUES

  • Produits de désinfection : alcool, eau de javel
  • Produits anesthésiques.

6.4. AGENTS BIOLOGIQUES

  • mode de contamination : directe ou par les instruments contaminés par les clients 
  • pathologies
    • Infections respiratoires (tuberculose, grippe, covid)
    • Infections cutanées et inguinales (pédiculoses, mycoses, teignes…)
    • Accidents d’exposition et sang et aux produits biologiques (VIH, hépatite B, hépatite C, syphilis)
    • Autres : Tétanos …

6.5. CONTRAINTES ORGANISATIONNELLES ET RELATIONNELLES

  • Problématique de l’exercice illégal de la médecine et des actes paramédicaux
  • Stress lié au métier (satisfaction des clients, etc.)
  • Stress lié aux complications des gestes (saignée, circoncision, extraction des dents)
  • Contraintes relationnelles (collègues, travailleurs voisins…)
  • Surcharge ou sous-charge de travail
  • Travail caractérisé par un horaire continu
  • Rémunération à l’acte
  • Travail le dimanche et les jours fériés
  • Déplacements fréquents
  • Contraintes liées à l’emplacement de son activité au sein d’une place publique (la place appartient au premier installé et change d’un jour à l’autre).

7. RISQUES POUR LA SANTE

7.1. MALADIES PROFESSIONNELLES (Tableaux marocains)

  • Tableau n°1.1.8 : Affections cutanées professionnelles causées par les oxydes et sels de nickel.
  • Tableau n° 1.8.1 : Rhinites et asthmes professionnels
  • Tableau n°1.8.2 : Lésions eczématiformes de mécanisme allergique
  • Tableau n°2.7 : Affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures de travail
  • Tableau n° 2.8 : Affections chroniques du rachis lombaire provoquées par la manutention manuelle de charges lourdes
  • Tableau n° 3.2 : Tétanos professionnel
  • Tableau n° 3.9 : Maladies dues aux bacilles tuberculeux et à certaines mycobactéries atypiques
  • Tableau n°3.11 : Infections d'origine professionnelle par les virus des hépatites A, B, C, D et E
  • Tableau n° 3.18 : Mycoses cutanées

7.2. AUTRES MALADIES LIEES A L’ACTIVITE PROFESSIONNELLE

Varices, jambes lourdes.

8. SURVEILLANCE MEDICALE

8.1. REGLEMENTATION

La profession de coiffeur–barbier n’est régie dans notre pays par aucune réglementation spécifique et échappe à toute couverture médico-sociale. Ce secteur informel ne bénéficie d’aucune couverture médicale du travail. Cependant, la surveillance médicale doit être assurée par les médecins et les paramédicaux des Bureaux municipaux ou ruraux d’hygiène (BMH). La loi 113-14 précise la mission des BMH dans l’établissement, la préservation et l’amélioration de l’hygiène. Les articles 83, 92 et 100 soulignent le rôle des BMH dans la préservation de l’hygiène, de la salubrité et de l’assainissement. En outre, ils doivent assurer la sensibilisation de tous les citoyens sur les questions de santé et d’environnement.

8.2. CONTENU

8.2.1. VISITE MEDICALE

  • Première visite au début de la carrière puis visites systématiques avec une périodicité maximale de 24 mois.
  • Examen clinique général minutieux (état cardiovasculaire, respiratoire, cutané et ostéoarticulaire)
  • Rechercher une consommation de substances psychoactives (tabac, cannabis, alcool, autres psychotropes)

8.2.2. EXAMENS COMPLEMENTAIRES

  • Radiographie pulmonaire tous les deux ans
  • Bilan biologique :
    • NFS, glycémie, transaminases, urée, créatinine, cholestérol et triglycérides
    • Antigène HbS et anticorps antiHbS pour l'hépatite B, anticorps hépatite C et VIH
  • ECG conseillé après 50 ans.

8.2.3. VACCINATIONS

  • Vaccins antigrippal, antiCOVID, antipneumococcique, anti-hépatite B (si sérologie négative), anti-méningococcique
  • Rappel DTPolio tous les 10 ans - Tous les 20 ans entre 25 ans et 65 ans 
  • BCG si IDR tuberculine négative.

8.4. SUIVI POST PROFESSIONNEL

  • En fonction des risques dépistés, un suivi post professionnel devra être réalisé.
  • Exposition aux agents chimiques et biologiques dangereux ou cancérogènes.

8.5. DOSSIER MEDICAL

  • Exigé par la réglementation.

9. NUISANCES POUR L'ENVIRONNEMENT EXTERIEUR

  • Transmission d’une pathologie infectieuse par contact avec une personne infectée ou du matériel souillé.
  • Pollution des sols et des eaux par les déchets (produits biologiques contaminés).
  • Concentration de population au sein d’un souk ou d’une place publique : risque de transmission de maladies infectieuses par voie aérienne (grippe, COVID, tuberculose...) et risques d’AES (VIH, VHB, SIDA.).

10. ACTIONS PREVENTIVES

10.0. GENERALITES

  • Les conditions de travail dans les secteurs artisanal et informel sont plus dangereuses que celles des grandes entreprises parce que l'artisan ignore les questions relatives à la santé au travail, à la sécurité et n'est pas financièrement capable d'assurer la prévention.
  • Des mesures préventives techniques et médicales doivent être assurées par les médecins des Bureaux municipaux ou ruraux d’hygiène dépendant du ministère de l’intérieur. Des actions d’information et de sensibilisation sur les risques professionnels sont nécessaires. Les bureaux municipaux et ruraux d’hygiène ont pour missions :
    • la centralisation des renseignements sur la statistique sanitaire et en particulier des déclarations des maladies contagieuses ;
    • la salubrité tant intérieure qu’extérieure, des fabriques, manufactures, chantiers, usines, ateliers ainsi que les conditions d’hygiène des personnes qui y sont employées ;
    • l’organisation des vaccinations collectives et en général toutes les questions intéressant l’hygiène et la salubrité.

10.1. INDICATEURS D'AMBIANCE ET METROLOGIE

  • Ergonomie du poste de travail
  • Niveau de pollution de l'espace public

10.2. PREVENTION COLLECTIVE

10.2.1. TECHNIQUE

  • Désinfection du matériel et des instruments par nettoyage à l'eau de Javel ou à l’alcool méthylique à 70%. L’eau de Javel doit être diluée pour obtenir une concentration de chlore de 0,5 %. Par exemple, pour une eau de Javel à 5 % de chlore, la dilution est d’un volume d’eau de Javel dans neuf volumes d’eau froide.
  • Utilisation des rasoirs jetables

10.2.2. ORGANISATIONNELLE

  • Respect des mesures d’hygiène générale (stockage adéquat des produits chimiques, lutte contre les mauvaises postures).
  • Information, communication sur les risques infectieux respiratoires et les AES

10.3. PREVENTION INDIVIDUELLE

  • Gants, masques, blouses imperméables, lunettes de protection
  • Ne pas manger, boire ou fumer sur le lieu de travail, lavage régulier des mains au savon ou par des solutions hydroalcooliques
  • Utilisation de crèmes protectrices pour les parties exposées de la peau.
  • Hygiène de vie
  • Lutte contre la consommation des substances psychoactives
  • Utilisation du matériel moderne à usage unique pour la pratique de la « Hijama »

10.4. FORMATION - INFORMATION – SENSIBILISATION

  • Formation sur l’asepsie (stérilisation du matériel, utilisation des gans stériles, etc.)
  • Risques encourus (maladies professionnelles, accidents d’exposition au sang, etc.)
  • Prévention : hygiène individuelle et générale
  • Conduites à tenir en cas d’accident d’exposition au sang, de brulure, de plaies
  • Formations sur les gestes et postures.

11. REGLEMENTATION

11.1. TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES

11.1.1. TEXTES INTERNATIONAUX

11.1.2. TEXTES MAROCAINS

  • La loi n° 131-13 relative à l’exercice de la médecine promulguée par le Dahir n°1-15-26 du 19 février 2015 et publiée au B.O. n° 6344 du 19 mars 2015.
  • La loi n°65-99 relative au code du travail promulguée par le dahir n°1-03-194 du 11 septembre 2003 et publiée au B.O. N° 5210, du 06 mai 2004. Portant sur :
    • L’hygiène et la sécurité des salariés.
    • Les services médicaux du travail.
    • La prévention des risques professionnels
  • La loi organique n° 113-14 relative aux communes promulguée par le dahir n° 1-15-85 du 7 juillet 2015 et publiée au BO n°6440 du 18 février 2016. Elle mentionne et insiste sur le rôle des collectivités territoriales en matière d’hygiène.
  • L'arrêté n°93-08 du ministère de l’emploi du 12 mai 2008 publié au B.O. n°56-80 du 6 novembre 2008. Portant sur:
    • L’aménagement des locaux de travail.
    • La préservation de l'hygiène et de la sécurité des salariés dans les locaux du travail.
    • L’ambiance des locaux du travail : aération, chauffage, éclairage des locaux du travail et la prévention contre les risques dus au bruit.
    • La prévention contre les incendies.
    • La prévention des accidents du travail.

11.2.  NORMES MAROCAINES

  • NM .4.001-1993 : protection contre les agents physiques, chimiques et biologiques
  • NM 00.5.800 et 801-2001 : système de management de santé et de sécurité au travail
  • NM 03.2.103 : précisant le contenu et le plan type des fiches de donnés de sécurité pour tous les produits toxiques.

12. BIBLIOGRAPHIE

  • ROME : les fiches métiers : D 1202 Coiffeur (Pôle emploi) (2009)
  • Classification Internationale Type des professions (CITP-08) 5141 : Coiffeurs, spécialistes des soins de beauté et assimilés (O.I.T.) (2008)
  • Zahraoui M.M, Baakrim M.Z, Laraqui S, Laraqui O, El Kabouss Y, Verger C, Caubet A, Laraqui CH. Risque infectieux lié au sang chez les coiffeurs-barbiers traditionnels et leurs clients au Maroc. Cahiers d’études et de recherche francophones/ santé. 2004;14(4) :211-6.
  • Machrouki Z. Enquête sur la prise en charge des complications de l’exercice illégal dans la province de Marrakech. Thèse de doctorat en médecine dentaire. Université Hassan II, Casablanca, 2013.
  • Moqqadem, H., Place Jemaa El Fna. Traditions orales populaires de Marrakech ; Marrakech, Association Place Jemaa El Fna, Patrimoine oral de l’humanité, 2001.
  • Skounti, A, Tebbaa O. Jemaa El Fna, patrimoine oral de Marrakech, du Maroc et de l’humanité, Rabat, Publications de l’Unesco, 2006.
  • Abarkouz A. La journée annuelle de la halqa/24decembre2011, Marrakech, place Jemaa El Fna (journée organisée dans le cadre du projet mountada)

13. ADRESSES UTILES

 REDACTION

  • AUTEURS : Nadia Manar (Master en hygiène, sécurité, environnement) (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.), Omar Laraqui (médecin du travail) (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.), Chakib Laraqui (médecin du travail) (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)
  • DATE DE CREATION : Décembre 2020
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     Pour toutes remarques et proposition de corrections, joindre : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

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